jeudi 12 mars 2015

Côté HISTOIRE : Eugène LAURENT, ancien déporté

Dans le cadre de mon travail ça sert à quoi un AED !! et de l'option Devoir de Mémoires, nous avons rencontré un ancien déporté, Eugène LAURENT.


Je suis littéralement estomaquée d'avoir eu devant moi un papy avec une joie de vivre aussi communicative, tout sourire et qui raconte son histoire avec une envie étonnante. On aurait pu croire qu'il puisse être aigri et amer. 
Et bien non, cette rencontre est une très belle leçon de vie.

Sa devise : Pardonner, mais pas oublier !!
La phrase qu'il a répété le plus : J'ai eu de la chance !!

La cuillère qu'il a ramenée des camps, elle lui servait à 
manger sa soupe mais également à se raser.

Le numéro de matricule sur le pantalon d'un de ses amis décédé 
juste avant la libération des camps

Un des drapeau de Saint Pourçain sur Sioule prêté pour l'occasion


SON HISTOIRE
Eugène Laurent a aujourd'hui 93 ans.
Il a été arrêté le 10 mars 1943, à l'âge de 21 ans avec une vingtaine d'autres personnes, à Lapalisse où il était ouvrier boulanger. Il est tout d'abord transféré à la Mal-Coiffée à Moulins, puis à Compiègne. Le 27 juin 1943, il part pour Buchenwald.
Le 7 juillet 1943, il part en train de la gare de Weimar avec plusieurs centaines détenus de nationalités différentes. Après deux jours de train,il arrive à Peenemünde, qui était un centre d'essai et de fabrication d'armes secrètes. (Fabrication des missiles V2)
Eugène est chargé de la pose de tuyaux de ventilation et de chauffage. Tous les jours, c'est 12 heures de travail, sous surveillance.
Dans la nuit du 17 au 18 août 1943, le site est bombardé par des avions alliés. Eugène perd une 40ène de camarades ce jour là. Ils partent ensuite pour Dora. Là c'est la caverne du Diable. 
Dora, c'était une galerie-dortoir, 600 mètres de tunnel, avec des odeur de souffre.12h de travail de jour comme de nuit. Il est resté 4 mois sans revoir la lumière du soleil.
Eugène voit son ami Berthuet, assassiné à coups de pelle par un SS. Lui étant accusé de sabotage. Il en réchappe. Il repart cette fois-ci pour Ravensbrück.
Nouveau départ le 26 avril 1945, à pied. Ceux qui ne suivent pas sont abattus. Eugène est très faible,il ne pèse plus que 35 kg.
Le 5 mai, Eugène arrive à fausser compagnie à ses gardiens et se cache dans un fossé. Il attend la nuit et arrive dans un village où il rencontre un Polonais.

Je vais faire un rajout à mon article suite au commentaire de M. Xavier DESARCE qui nous fait le plaisir de nous enrichir l'histoire d'Eugène LAURENT et de son grand père. Je le remercie de son intervention, c'est aussi cela le devoir de mémoires, n'oubliez personne.
Voici son commentaire :
"La nuit du 5 mai 1945, Mr Laurent n'est pas parti seul, il a pu s'évader avec Mr Jean DESARCE car ils étaient attachés par deux, au moment où les gardes furent distrait, ils sautèrent dans un fossé et attendirent la nuit...
Eugène est un homme extraordinaire et fut un ami exceptionnel pour mon grand-père jusqu'à la fin de sa vie."

 Celui-ci lui apprend qu'un camp de prisonniers de guerre français réside dans Kraien. Il est accueilli par ses compatriotes, quitte ses vêtements pour se transformer en enkriegsgefangen (prisonnier de guerre) et passer inaperçu. 

Le 8 mai 1945, les troupes russes délivrent Kraien.

Aujourd'hui Eugène LAURENT parcourt les établissements scolaires avec Madeleine BOSEZ, ancien professeur d'histoire-géographie, afin de partager son histoire, et que la Mémoire Perdure !!